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Histoire d'un col devenu collier

Préambule : j'ai écrit ce texte en 2012 dans le cadre de mes études à l'occasion d'un exercice en histoire de l'art du bijou contemporain. Un bijou était attribué au hasard à chacun. Il fallait d'abord le dessiner avec différentes techniques et sur différents support (papier crayon, gouaché). Ensuite il fallait écrire ce que nous inspirait ce bijou. Ce que l'on pouvait imaginer se cacher derrière cette création. 

Faux col ou vrai bijou  

 

 

Ce col qui voulait devenir bijou.
Comment est-il arrivé à ses fins ?
En faisant appel à une rivière ?

En se parant de blanc ?

 


Désolidarisé du corps de la chemise,
ce col prend une toute autre dimension. Séparé du corps,

il devient esprit,

et peut ainsi prétendre à prendre
de l’ampleur, et s’élever au rang
de bijou.

 

Pour bien nous montrer qu’il est
un vrai bijou, ce col se pare de sa
plus belle rivière : plusieurs rangs

de perles fines, symbole de la fémi-

nité par excellence. Ainsi ce col
perd tous ses attributs masculins
pour devenir féminin.

Il est bien évident que l’on ne peut que constater la blancheur de ce collier, son tissu, ses perles tout est blanc.

 

Ces perles blanches ne seraient-elles pas les larmes des femmes ?

Faux col ou vrai bijou  

 

 

Ce col qui voulait devenir bijou.
Comment est-il arrivé à ses fins ?
En faisant appel à une rivière ?

En se parant de blanc ?

 


Désolidarisé du corps de la chemise,
ce col prend une toute autre dimension. Séparé du corps,

il devient esprit,

et peut ainsi prétendre à prendre
de l’ampleur, et s’élever au rang
de bijou.

 

Pour bien nous montrer qu’il est
un vrai bijou, ce col se pare de sa
plus belle rivière : plusieurs rangs

de perles fines, symbole de la fémi-

nité par excellence. Ainsi ce col
perd tous ses attributs masculins
pour devenir féminin.

Il est bien évident que l’on ne peut que constater la blancheur de ce collier, son tissu, ses perles tout est blanc.

 

Ces perles blanches ne seraient-elles pas les larmes des femmes ?

col.jpg

Texte par

Isabelle Weislo
sur le bijou de

Carmen Hauser

Faux col ou vrai bijou

Faux col ou vrai bijou  

 

 

Ce col qui voulait devenir bijou.
Comment est-il arrivé à ses fins ?
En faisant appel à une rivière ?

En se parant de blanc ?

 


Désolidarisé du corps de la chemise,
ce col prend une toute autre dimension. Séparé du corps,

il devient esprit,

et peut ainsi prétendre à prendre
de l’ampleur, et s’élever au rang
de bijou.

 

Pour bien nous montrer qu’il est
un vrai bijou, ce col se pare de sa
plus belle rivière : plusieurs rangs

de perles fines, symbole de la fémi-

nité par excellence. Ainsi ce col
perd tous ses attributs masculins
pour devenir féminin.

Il est bien évident que l’on ne peut que constater la blancheur de ce collier, son tissu, ses perles tout est blanc.

 

Ces perles blanches ne seraient-elles pas les larmes des femmes ?

Toutes les larmes versées
pour accéder à leur statut de femme,
ou bien les futures larmes à
verser pour les combats qu’elles auront à mener tout au long de leur carrière, de leur vie de femme.

 

A moins que ces perles ne
soient là que pour la beauté
mystérieuse et pérenne

qu’elles évoquent,

Ainsi, ce « col…lier »
n’a plus que la fonction de venir
parer le cou, siège du langage,
de la parole.

 

Ne serait-ce pas une manière de
‘re-donner’ la parole à la femme,
en détournant ce « col blanc»
évocateur du monde des affaires,
du monde masculin.

Ainsi ce vrai col, devenu faux-col

ne nous rappelle t-il pas que tout

peut-être illusion et que

cette illusion bien orchestrée

peut nous faire croire

bien des choses.

Descriptif du bijou

de Carmen Hauser  

 

 

Collier textile réalisé à partir d’un col de chemise blanche d’homme.

 

Les deux pans du col sont réunis par un éventail de perles cousues en double sur 12 rangs. Le côté gauche est maintenu au col par une pièce rectangle de coton réalisé au crochet en demie brides. L’autre côté de l’éventail est pourvu de la même pièce au crochet, mais cette fois-ci deux pressions de plastique transparent sont cousus ; cela permet de relier l’éventail à l’autre pan du col et ainsi le fermer.

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